Nos combats
Financement de la vie politique
La législation française en matière de financement de la vie politique, qui repose principalement sur un système de soutien public allant de pair avec une interdiction de financement par des personnes morales, peut apparaître, sur le papier, ambitieuse.
Toutefois, les affaires politico-financières qui ont émaillé les dernières cinq campagnes présidentielles – 1995, 2007 et 2012, 2017 et 2022 – rappellent que de nombreuses failles persistent, qu’un manque de moyens obère l’efficacité de la détection des anomalies et que d’ambitieuses réformes doivent être d’urgence adoptées. Et ce, d’autant que de nouveaux enjeux susceptibles d’affecter l’intégrité des scrutins émergent.

Les affaires emblématiques
2007 : l’affaire des financements libyens
A l’occasion de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, des dons en espèces, qualifiés d’« anonymes »,
auraient été remis au siège du parti politique ainsi qu’au quartier général de campagne, durant l’élection présidentielle de 2007. En raison de leur montant et de leur nature, ces fonds étaient, selon l’intention présumée des donateurs, destinés à financer la campagne du candidat soutenu. Toutefois, le mandataire financier de cette
campagne et le trésorier du parti ont estimé queleur caractère manifestement illicite — les dons en espèces étant strictement plafonnés à 150 euros par la loi — empêchait leur inscription dans le compte de campagne. Ils auraient ainsi pris la décision de centraliser ces fonds hors comptabilité officielle et de les redistribuer sous forme de primes de campagne. Ces flux non déclarés, absents de toute comptabilité, illustrent le manque de traçabilité des transferts d’argent entre partis et candidats.
2012 : l’affaire Bygmalion
Dans le cadre de l’affaire Bygmalion, l’UMP aurait payé directement la société Bygmalion à hauteur de 10 à 13 millions d’euros pour des dépenses qui étaient pourtant liées à la campagne électorale de 2012 de Nicolas Sarkozy. Ces factures ne figuraient pas dans le compte de campagne dont les dépenses étaient alors plafonnées à 22,5 millions d’euros. Au total, cette campagne aurait coûté 42,8 M€, soit le double du plafond autorisé. Les autres candidats et candidates auraient de fait été défavorisés financièrement en s’étant conformés aux dépenses autorisées.
CE QUE DEMANDE TRANSPARENCY :
- Inciter les partis politiques à sceller un pacte d’intégrité en vue de l’élection présidentielle de 2027. Il s’articulerait autour de 3 leviers structurants : une réflexion sur le statut des partis politiques, une publication en temps réel des dépenses engagées par le parti en soutien du candidat pendant la campagne présidentielle et la mise en place d’une comptabilité d’engagement.
- Renforcer le contrôle des micro-partis. Il apparaît nécessaire d’adopter une définition juridique plus stricte de la notion de micro-parti de soutien, interdisant interdire la création ou l’activation d’un micro-parti exclusivement en période électorale et permettant dencadrer le nombre de structures pouvant être affiliées à un·e même candidat·e.
- Elargir les missions, les pouvoirs et les moyens de la CNCCFP, notamment pour la doter d’un véritable pouvoir d’enquête devant lui permettre d’accéder aux factures des prestataires. A l’heure actuelle, la CNCCFP ne travaille qu’à partir des seuls éléments déclarés par les équipes de campagne, sans pouvoir vérifier ces informations auprès des autres acteurs concernés
- Renforcer le droit au compte pour le financement des partis et des campagnes. Ce droit au compte renforcé pour les partis et les candidats aurait pour objectif l’intervention rapide de la Banque de France en cas de refus et le renforcement du médiateur du crédit aux politiques, déjà créé en 2017, avec pouvoirs plus étoffés pour résoudre les refus bancaires non justifiés.
- Permettre aux associations de lutte contre la corruption de se porter partie civile dans les procès liés au financement des campagnes électorales, comme elles peuvent le faire dans des affaires de corruption, de prise illégale d’intérêts ou de détournement de fonds publics.
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